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avr 17 2014

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Les carrières de grès

Carriere-2Sous le limon du plateau de la Petite Beauce, à Souzy la Briche, au sommet des sables de Fontainebleau, le banc de grès a en moyenne cinq mètres d’épaisseur. On a utilisé le grès dès le Moyen Age comme pierre à bâtir et pour paver les routes. A Saint-Chéron, l’église, les vieilles maisons, le château de Bâville et les rues sont en grès. A Saint-Sulpice de nombreuses maisons anciennes sont en grès. L’église elle-même a été construite en partie en grès.

L’ouverture de la voie ferrée, en 1865, a facilité le transport (1) vers Paris et a permis l’expansion des carrières. Au début du XXème siècle, 1450 hommes, pour la plupart venus de Bretagne ou d’Italie, travaillaient aux carrières. C’était une profession pénible (chaleur, froid, lumière, poussière, accidents, etc.) aussi les carriers donnaient-ils à leurs lieux de travail des surnoms de bagnes : les différentes carrières s’appelaient, Cayenne, Transvaal, Madagascar.

Les carriers célibataires s’entassaient à 10 ou 15 dans des maisons, à Mirgaudon, le moulin de l’Ecurie ou à la Petite Beauce. Alcoolisme et silicose faisaient des ravages.

L’exploitation déclina, le procédé du macadam s’étant substitué au grès pour la construction des routes. Elle disparut après 1945. Les carriers se reconvertirent et beaucoup, qui avaient épousé des jeunes filles de la région, restèrent sur place. Nombre de Saint-Chéronnais et de Saint-Sulpiciens portent des noms bretons ou italiens et ils racontent parfois la venue et la vie de tel ou tel grand-père carrier (2).

Moulin_ecurie-1De nos jours, les campings du Bois-des-Roches et d’Héliomonde utilisent les dénivellations créées par les carrières pour aménager piscines et terrains de jeux. A Saint-Sulpice, dans les bois aux alentours, ont trouve des excavités qui sont les anciennes exploitations de grès. La végétation a repris ses droits et efface peu à peu toutes les traces,

La couche de calcaire de Brie, qui s’étend sous les grès du stampien (3), était utilisée pour faire de la chaux. L’exploitation des fours à chaux qui existaient à la sortie de Saint-Sulpice-de-Favières en direction de Mauchamps et sur le plateau au dessus de Souzy a également périclité. Il ne reste que le nom de la rue.

(1) Le tacot de 1923 à 1948.
(2) Voir « Quand St-Chéron vivait au rythme des carrières ».
(3) Stampien (d’après Etampes) : couche géologique d’âge tertiaire.

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