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juin 17 2014

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Les poilus de Saint-Sulpice 6

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Collection de l’auteur.

Adolphe Désiré LAURENT troisième d’une famille de six enfant, naît à Saint-Sulpice le 2 janvier 1873 de Adolphe Désiré, journalier, garde champêtre à Mauchamps, casseur de pierres et de Opportune Elisabeth GOUGER. Il est incorporé au 15ième bataillon de chasseurs à pied à Vincennes à compter du 16 novembre 1894, nommé chasseur de 1ière classe le 10 juin 1896, puis libéré le 19 septembre 1897 avec un certificat de bonne conduite. En 1898, il épouse à Saint-Sulpice Marie Augustine Aurélie ROUSSEAU native d’Orléans qui vit chez Antoine Amédée JAVOY second époux de sa mère Appoline Aurélie FOULON. Après leur mariage, Adolphe Désiré et Marie Augustine sont logés à Segrez où elle est concierge et lui maçon. Deux enfants naissent de leur union : Gaston Désiré en 1898 et André Etienne en 1906. Rappelé à l’activité par suite de mobilisation générale, Adolphe Désiré rejoint le 29ième régiment territorial d’infanterie le 14 août 1914 et passe au 19ième bataillon de chasseurs à pied le 24 octobre. Il est porté disparu et déclaré mort pour la France le jour de l’armistice, 11 novembre 1914 à Wyschaete (Belgique). Son décès est officialisé par le jugement rendu le 1er juin 1921 par le tribunal de Rambouillet. Son signalement est le suivant : cheveux et sourcils châtain ; yeux roux ; front ordinaire ; nez et bouche moyens ; menton rond ; visage ovale ; taille 1m63.

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Collection de l’auteur.

Jack Floris LINGEMAN est l’aîné des six enfants de Floris Albert, négociant né dans la banlieue de Londres et de Marthe DEBAYSER originaire de Lille (59) mariés à Paris en 1893. Né à Paris le 6 janvier 1894 il est éduqué en Angleterre ainsi que ses deux frères et, sujet britannique, il s’engage au 16ième lancier. Ce régiment n’allant pas au front, il démissionne pour intégrer le Essex Yeomanry (régiment de cavalerie volontaire). Il est blessé au genou le 10 avril 1917 à Monchy-le-Preux (62) lors de l’action qui a permis d’arracher ce village aux Allemands. Resté sur le champs de bataille durant quatre jours avant d’être secouru, et sa blessure s’étant infectée, il subit deux amputations puis meurt de la gangrène 18 jours plus tard et est inhumé au cimetière militaire anglais de Boulogne-sur-Mer.

Son frère cadet Frank participera également aux combats. Il en reviendra gazé. En 1917 leurs parents vont acquérir «Le Manoir» à Saint-Sulpice, y effectuer des travaux importants, dont le rehaussement d’un étage mansardé et la construction d’une salle à manger sous terrasse, et le conserver jusqu’en 1952 (5). Ils reposent tous deux au cimetière du village.

(5) Renseignements aimablement communiqués par M. Éric LENFANT neveu de Jack Floris.

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Collection Lucien Clergeon.

Georges Raymond Eugène MOREAU naît à Mont-Notre-Dame (02) le 11 novembre 1888. Ses parents Jules Maurice, journalier et Marie Célestine PLESSIER, blanchisseuse, après la naissance de leur second fils en 1894, viennent vivre à Segrez où lui est garde particulier et elle lingère. En 1906, la famille semble avoir quitté Segrez. Jules est redevenu journalier, Marie Célestine blanchisseuse, Georges est bourrelier sellier chez BOISSE à Etréchy. Il épouse Alice Eugénie DENIS le 29 novembre 1913 à Paris et le couple a une fille nommée Andrée Marie Georgette le 6 octobre 1914 à Saint-Sulpice. Affecté successivement au 7ième régiment de cuirassiers, au 4ième escadron du train, puis au 31ième régiment d’artillerie, et enfin au 3ième régiment d’artillerie coloniale, il est cité à l’ordre de sa brigade le 27 janvier 1916 : « MOREAU Georges, 2ième canonnier servant a été remarquable de bravoure et de sang froid sous le feu de l’ennemi. Son abri s’étant effondré sur lui, il n’a consenti à se réfugier dans un autre abri que sur ordre et après avoir constaté que ses camarades enfouis comme lui étaient sains et saufs » Il est maître pointeur (6) quand il est « tué à l’ennemi » au Ravin de la mort à Barleux (80) le 10 octobre 1916.

Son signalement est le suivant : cheveux, sourcils et yeux noirs ; nez moyen ; bouche moyenne ; menton rond ; visage ovale ; taille 1m77. Son corps repose au cimetière de Saint-Sulpice au côté de sa mère Marie Célestine décédée huit ans avant lui. Sur sa tombe, une plaque mentionne qu’il a été décoré de la médaille militaire et de la croix de guerre.

(6) Au sein de la «batterie» composée d’une centaine d’hommes, les pointeurs ont pour rôle de donner les instructions de réglage du tir. Maître pointeur n’est pas un grade mais une distinction équivalente à soldat de 1ière classe dans d’autres armes telles que l’infanterie.

 

 

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