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Le tacot

gareAu début du siècle dernier notre village était desservi par un chemin de fer départemental à voie normale, dont il subsiste l’ancienne gare (au carrefour de la chaussée des Grands Etangs et de la Route Départementale 82 ), ainsi qu’une tranchée dans les rochers du Moulin de la Briche ( le long de la route de Souzy avant l’entrée du Moulin de l’Ecurie).

Notre gare à simple rez-de-chaussée (35 m2) était une halte gardée comme celles de Souzy la Briche et de Saint-Yon, tandis que les stations à étage ( 58 m2) sont encore visibles à Boissy sous Saint-Yon, à Villeconin et à Boissy le Sec (la mieux conservée située presqu’en en face du cimetière). La ligne de 29.6 km à voie unique, prolongeant celle du tramway Paris-Arpajon, a été ouverte le 23 novembre 1911. Elle reliait Arpajon à Etampes à raison de 3 allers et retours par jour.
Cette ligne, qui empruntait la vallée de la Renarde de Venant à Saint-Yon permettait d’expédier des wagons complets de produits maraîchers (cresson) jusqu’aux halles centrales de Paris (en empruntant les rails du tramway de l’avenue d’Orléans et du Boulevard Saint-Michel).
Le pèlerinage «Au bon Saint Sulpice» attirait les foules dans notre village et nécessitait des trains spéciaux.
L’exploitation du chemin de fer fut d’abord concédée en 1909 à la Compagnie des Chemins de fer de Grande Banlieue (CGB) . Les rails furent déposés une première fois en 1916 pour être utilisés sur les voies stratégiques du front.
En 1921 le conseil général de Seine et Oise confia le réseau CGB à la Société des Transports en Commun de la Région Parisienne ( STCRP) qui reconstruisit la voie. Le trafic reprit en 1923 (après 7 ans d’interruption).
C’est ensuite la Société Générale des Chemins de Fer Economiques (SE) qui exploita à partir de 1933 le réseau du CGB, dont la ligne de «l’Arpajonnais» fut fermée en 1936.
Les wagons de marchandises et les voitures de voyageurs (50 places) étaient tractés par des locomotives à vapeur Pinguely (Lyon) 1-3-0 T ou Energie (Marcinelle en Belgique) 0-4-0 T. Leur surnom de «Tacot» finit par désigner l’ensemble de la ligne Arpajon-Etampes.
Les voitures fabriquées par La Buire et Energie étaient accessibles par les 2 plateformes d’extrémité, elles comportaient un couloir central et des banquettes en vis-à-vis éclairées par 6 fenêtres de chaque côté. Une cloison séparait les différentes classes.
A partir de 1926 une automotrice à essence Renault Scemia AB 150 fit son apparition, elle pouvait transporter 32 personnes à une vitesse maximale de 40 km/h (7 en 1ère classe, 12 en seconde classe et 13 voyageurs debout).
Pendant la 2ème guerre mondiale le trafic fut maintenu permettant aux parisiens d’aller au ravitaillement. Le 23 juin 1944 la police allemande arrêta les résistants du réseau «vengeance» qui furent rassemblés à la gare de Saint-Sulpice avant leur déportation.
Après la guerre, la concurrence des automobiles et le lourd déficit d’exploitation condamnèrent définitivement le trafic voyageurs qui cessa le 5 septembre 1948, ainsi que le trafic marchandises qui s’interrompit le 1er novembre 1948 . La voie fut déposée et les bâtiments vendus pour être transformés en habitations.

Olivier BERLIN

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